Quand l'or s'enfle dans ton sac, Dieu dans ton coeur decroit;
Apprends qu'on est sans pain et sache qu'on a froid.
Les jeunes filles vont rodant le soir dans l'ombre,
Tes rochets, tes chasubles, aux topazes sans nombre,
Ta robe en l'Orient dore s'epanouit,
Sont de spectres qui sont noirs et vivant la nuit.
Que te sert d'empiler sur des planches d'armoires,
Du velours, du damas, du satin, de la moire,
D'avoir des bonnets d'or et d'emplir des tiroirs
Des chapes qu'on dirait couvertes de miroirs?
Oh! pauvres, que j'entends raler, forcats augustes,
Tous ces tresors, chez vous sacres, chez nous sont injustes;
Ce diamant qui met a la mitre un eclair,
Cette emeraude me semble errer toute la mer,
Ces resplendissements sombres de pierreries,
C'est votre sang ...
... Brodes d'or, cousus d'or, chausses d'or, coiffes d'or,
Nous avons des saints Jeans et des saintes Maries,
Que nous emmaillottons dans des verroteries,
Nous depensons Golconde a vetir le neant,
... Pretres, votre richesse est un crime flagrant.
Vos erreurs sont-ils mechants? Non, vos tetes sont dures,
Freres, j'avais aussi sur moi ce tas d'ordures,
Des perles, des onyx, des saphirs, des rubis,
Oui, j'avais sur moi, partout, sur mes habits,
Sur mon ame; mais j'ai vide bien vite
Chez les pauvres.
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